Alarobia 10 marsa 2010 - 07:12
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HISTOIRE DE LA RÉGION ALAOTRA-MANGORO

LE FERAOMBY :

Le grand rendez-vous de tous les descendants d’Anorohoro. Une localité située en plein cœur du district d’Amparafaravola. Cette manifestation qu’est le "Feraomby" a lieu tous les deux ans à Anorohoro. Habituellement, elle se déroule la première semaine du mois de novembre. Rite traditionnel marqué par diverses activités basées sur la vénération du défunt roi, il y a bien longtemps issu de la population locale et de leurs particularités. "Non seulement une période vouée strictement à la sanctification du "Doany" mais aussi un moment où un message sacré de part de l’au-delà nous est transmis. Toute forme de sacrilèges ou la moindre tentative y est interdite sous réserve de sanction sévère telle la mort", note sérieusement une mère de famille d’Anorohoro.L’endroit sacré berçant le doany du roi se trouve au nord du village, clôturé par une haie composée de branches de petits arbres épineux dit sacrés. La population, à l’issue de trois nuits de veille et de traditions parfois magiques, renouvelle la haie tout en adoptant un rythme frénétique comme dicté de l’au-delà. Toute personne qui entre dans ce domaine de mystère ne doit porter sur elle qu’un simple "sikina" et d’un vêtement non ouvert à manches longues. Il y a des années, une femme se serait transformée en une chatte pour avoir essayé de garder sa petite culotte et ses boucles d’oreille on or.

Anorohoro en plein Feraomby

Tard dans la dernière nuit de veille et de traditions, des jeunes garçons assez robustes et puissants émergent d’une maison dans laquelle s’est déroulée une séance de demande de bénédiction adressée à des "Zanahary" (dieux). Seuls les devins ont le pouvoir de capter tous les messages provenant de l’au-delà. Au dehors, le reste du village en plein rite de folklore attend. La bonté une fois accordée à ces jeunes individus, ils partent à la recherche des ces petits arbres sacrés destinés au renouvellement de la haie du "Doany". Tout en courant bruyamment et armés comme des guerriers à la manière des temps anciens, ils jaillissent de là où ils proviennent et prennent la direction menant à la sortie du village. Pendant le parcours, ils ont droit à «tout» sur leur passage sauf meurtre ou d’autres crimes qui y sont relatifs. Ainsi, ils peuvent "tripoter" voire … des filles, boire sans rien payer chez un débit d’alcool encore ouvert, confisquer des armes à d’éventuels autres individus…
Pour eux, ils partent en mission et profitent du reste de temps qui leur reste dans le village. Notons que les petits arbres recherchés ne peuvent se trouver qu’à plusieurs milles du village. (À suivre)

Anorohoro en plein Feraomby

Tôt dans la matinée, toutes les personnes de sexe opposé du mâle se tressent. Pas n’importe comment, mais il y a un modèle qu’elles ont intérêt à suivre à la lettre. Cette coiffure hors du quotidien joue un rôle très important sur leur féminité et les aident à s’y bien intégrer. Ensuite, elles prennent leurs pagnes et commencent à se débarrasser des vêtements interdits et partent pour rejoindre l’endroit où se trouve le "Doany" sacré. En avance, des hommes y sont déjà pour de raisons particulières. D’autres sont postés à la sentinelle pour vérifier si toutes les règles sont respectées. Ils ont le devoir de conscientiser toutes les personnes qui, par hasard ou non, sont vêtues autrement. Pourtant, la sentinelle n’a pas le droit de barrer le chemin à qui que ce soit, même les étrangers. Aux risques et périls de ceux qui s’entêtent à porter des "choses non convenables". Pour les cameramen ou photographes voulant s’introduire dans cette "aire protégée", ils ont eux-aussi intérêts à suivre quelques consignes donnés par des "mpanazary". Sinon, soit ils n’arrivent pas à prendre une seule photo soit ils se transforment en d’épouvantables "phénomènes" inimaginables.

Anosibe An'Ala

Vers midi, les jeunes qui sont partis à la recherche des plantes pour le renouvellement de la haie du Doany sacré reviennent. Ils doivent apporter des branches extraits des arbres appelés "rombaza", "fatsifatsy", "hasina" et bien d’autres qui sont tous considérés comme divins. Puis une grande séance de rite de traditions commence à avoir lieu pour les accueillir. Tout cela se déroule sous un soleil de plomb et une chaleur sortant de l’ordinaire, raison pour laquelle repose le choix des "mpanazary" lors d’une série de séances préalables pour choisir la bonne journée pour le renouvellement de la haie. "Ils ne se trompent jamais sur leur choix. Cette journée, ils la repèrent facilement grâce à un système qui les aide à établir une sorte de calendrier. Une simple personne n’y arrivera pas", fait remarquer un ancien. (À suivre)


Izay mitambatra vato

Il y a des siècles, Ambatondrazaka et ses périphéries étaient sous les règnes de trois reines. Seulement, Ramiangaly et Raseheno avaient leurs royaumes respectifs un peu écartés de celui de Razaka. Ce qui les diffère des autres est qu’aucune rivalité n’a jamais eu lieu entre elles pour faire naître des affrontements. De temps en temps les trois souveraines se rendaient visite. Raseheno a érigé son palais sur une grande montagne située au sud-Est du royaume de Razaka. La localité commença à porter le nom de "Ambohitseheno", abandonnée par son peuple quelques temps après la disparition de sa reine. Dans le sud-ouest de Razaka, Ramiangaly. Son territoire s’appela "Ambohimiangaly", actuellement faisant partie de la ville capitale du riz.


Odifonga :

À entendre le mot, l’on penserait peut-être à se méfier de quelque chose d’hallucinant voire maléfique puisqu’on entend là "ody", et surtout ce nom ne figure dans aucun dictionnaire qui pourrait indiquer son vrai sens. Pourtant, il ne s’agit qu’un petit arbre qui ne pousse qu’aux abords des eaux douces de la région d’Alaotra. Depuis des siècles et des siècles, le odifonga jouait un grand rôle dans la survie des générations successives lors des montées des eaux en période des pluies. Étant donné que cette localité vit avec le plus grand lac de la Grande Île ainsi que tous les risques qu’il réserve aux habitants.
Alors, pour faire face à toute inondation, les gens construisaient leurs maisons suspendues à une dizaine de bois ronds sans que ces derniers aient été trop enfoncés dans le sol. Ces maisons en "zozoro" sont à soubassement pourvus de plusieurs gros troncs de odifonga. Le tout flotte comme de vraies bouées lorsque l’eau monte et redescend quand l’eau s’en va. Pour éviter d’être emporté par le courant, les gens utilisaient de grands blocs de roche auxquels ils liaient de grandes cordes avec l’habitat. Les odifonga, très résistant à la dégradation, sont encore en vie dans les abords du grand lac et servent de bouchons de cannes à pêche.


Les mpanazary :

les Mpanarazy

Des personnes détenant du "pouvoir magique" aussi bien étonnant que redoutable auraient toujours eu la faculté de traverser le grand lac de l’Alaotra sans aucun recours à d’autres moyens que leurs pieds. Ils ne nageaient pas. Tout simplement ils marchaient sur les larges feuilles de "tatamo" (plante aquatique famille des nénuphars) leur servant de passerelles. Un acte auquel un homme ordinaire n’a carrément la moindre possibilité d’effectuer. L’histoire remonte aux temps des rois et reines. Les mpanazary étaient des personnes très proches des souverains. Ils étaient aussi en quelques sortes des voyants dotés d’un pouvoir qui pouvait facilement écarter les mauvais sorts de leur roi et de leur reine respectifs. De temps en temps, des affrontements, dont les armes étaient au-delà du réel, avaient lieu entre ces "bras droits" suprêmement très mystérieux. Une défaite engendra l’effondrement du royaume auquel un mpanazary était issu et son fief devint celui du souverain triomphateur. Des anciens affirment qu’un mpanazary de "haut niveau" aurait été capable de faire jaillir la foudre et de la faire tomber là où il a pointé sa canne.

Tatamo sy Voahirana


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Site mise à jour le 08/03/2010
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