Sabotsy 4 septambra 2010 - 12:32

LE FERAOMBY :Le grand rendez-vous de tous les descendants d’Anorohoro. Une localité située en plein cœur du district d’Amparafaravola. Cette manifestation qu’est le
"Feraomby" a lieu tous les deux ans à Anorohoro. Habituellement, elle se déroule la première semaine du mois de novembre.
Tard dans la dernière nuit de veille et de traditions, des jeunes garçons assez robustes et puissants émergent d’une maison dans laquelle s’est déroulée une
séance de demande de bénédiction adressée à des "Zanahary" (dieux). Seuls les devins ont le pouvoir de capter tous les messages provenant de
l’au-delà. Au dehors, le reste du village en plein rite de folklore attend. La bonté une fois accordée à ces jeunes individus, ils partent à la recherche des
ces petits arbres sacrés destinés au renouvellement de la haie du "Doany". Tout en courant bruyamment et armés comme des guerriers à la manière
des temps anciens, ils jaillissent de là où ils proviennent et prennent la direction menant à la sortie du village. Pendant le parcours, ils ont droit à
"tout" sur
leur passage sauf meurtre ou d’autres crimes qui y sont relatifs. Ainsi, ils peuvent "tripoter" voire … des filles, boire sans rien payer chez un
débit d’alcool encore ouvert, confisquer des armes à d’éventuels autres individus…
Tôt dans la matinée, toutes les personnes de sexe opposé du mâle se tressent. Pas n’importe comment, mais il y a un modèle qu’elles ont intérêt à suivre à la lettre. Cette coiffure hors du quotidien joue un rôle très important sur leur féminité et les aident à s’y bien intégrer. Ensuite, elles prennent leurs pagnes et commencent à se débarrasser des vêtements interdits et partent pour rejoindre l’endroit où se trouve le "Doany" sacré. En avance, des hommes y sont déjà pour de raisons particulières. D’autres sont postés à la sentinelle pour vérifier si toutes les règles sont respectées. Ils ont le devoir de conscientiser toutes les personnes qui, par hasard ou non, sont vêtues autrement. Pourtant, la sentinelle n’a pas le droit de barrer le chemin à qui que ce soit, même les étrangers. Aux risques et périls de ceux qui s’entêtent à porter des "choses non convenables". Pour les cameramen ou photographes voulant s’introduire dans cette "aire protégée", ils ont eux-aussi intérêts à suivre quelques consignes donnés par des "mpanazary". Sinon, soit ils n’arrivent pas à prendre une seule photo soit ils se transforment en d’épouvantables "phénomènes" inimaginables.
Vers midi, les jeunes qui sont partis à la recherche des plantes pour le renouvellement de la haie du Doany sacré reviennent. Ils doivent apporter des branches
extraits des arbres appelés "rombaza", "fatsifatsy", "hasina" et bien d’autres qui sont tous considérés comme
divins. Puis une grande séance de rite de traditions commence à avoir lieu pour les accueillir. Dans l’endroit sacré, une série de danses rituelles et de rondes exaltées effectuées autour du "Doany" commencent à avoir lieu. Chaque participant épaule un extrait de branche d’arbre sacré selon son choix. Il faut noter que certaines branches sont épineuses mais cela n’empêche personne de les prendre. Pendant les nombreux tours ainsi entamés, des paroles indéchiffrables sont exprimées par ces gens. Ce qu’on arrive seulement à comprendre est que ces paroles sont une sorte de demande de bénédiction et d’autorisation adressée à l’au-delà pour que le renouvellement de la haie se déroule sans encombre et avec précision. L’emplacement de la haie ne doit en aucun cas être changé sous peine toujours de très sévère sanction de part l’au-delà.
Sous l’égide d’un grand ancien habillé d’une sorte de robe uni de couleur rouge très vif, tous les participants au renouvellement de la haie suivent avec attention toutes les instructions qui leur sont dictées par cet homme. Celui-ci est doté d’une sorte de canne qui porte de graphisme particulièrement bien sculpté avec un certain art. Pendant ce temps, les femmes continuent à chanter, des chants accompagnés par des "amponga" qu’elles frappent elles-mêmes. Leurs visages sont marqués par de beaux tatouages (non permanent) de couleur blanche. Il est noter que l’endroit où le Doany se trouve est un endroit strictement interdit à bovidés (tsy dikain’omby). Pourtant c’est le contraire de ce qui va suivre. Car après le renouvellement de la haie, une vache y sera amenée et tuée. Avant tout, il faut que la vache soit une vache enceinte. Les chants s’accentuent et désormais les gestes des "mpanazary" sont comme toujours dictés de l’au-delà. Avec un rythme plutôt lent mais qui éveille toute attention à se concentrer sur ce qui commence à avoir lieu. Pendant ce temps, des personnes désignées au préalable mettent à terre la vache. La séance d’immolation va s’ensuivre. Ce qui intéresse le public notamment les natifs d’Anorohoro est de savoir si le petit que porte la vache est un mâle ou une femelle. Arrive le moment le plus attendu de tous. Commence le rite d’immolation. Lorsque la vache n’est plus en vie, on procède tout de suite à son étripage. L’essentiel est de savoir de quel sexe est le petit qu’elle porte. Si par malheur la vache porte une petite femelle, cela veut dire que l’année sera mauvaise. Si c’est l’inverse, les deux années qui vont suivre porteront chance à tout effort. Ce qui est étrange est que tout de suite après l’étripage, des puissantes éclaires suivies de grands tonnerres déchirent le ciel. Puis commence un grand orage. New Mais la forte pluie ne couvre que le village d’Anorohoro. Pendant ce temps, un vent d’une certaine violence ne cesse d’étonner plus d’un. Cela constitue vraiment un mystère aussi étrange que stupéfiant à toute personne venue pour la première fois à ce rite bien garni de secret. Quelques instants après, le calme revient sur cet endroit qui est au cœur de l’histoire d’Anorohoro et d’une bonne partie de l’Antsihanaka. Quand la pluie cesse, tout le monde entre enfin au grand festin du jour à la place d’un déjeuner. Étrangers et locaux partagent le plat ensemble. La dernière fois, le petit que la vache a porté était du sexe mâle. Ce qui explique la bonne saison rizicole sur Anorohoro les deux dernières années. Cette année, vers le début de novembre, aura lieu le prochain rendez-vous.... (À suivre) Les mpanazary :
Des personnes détenant du "pouvoir magique" aussi bien étonnant que redoutable auraient toujours eu la faculté de traverser le grand lac de l’Alaotra sans aucun recours à d’autres moyens que leurs pieds. Ils ne nageaient pas. Tout simplement ils marchaient sur les larges feuilles de "tatamo" (plante aquatique famille des nénuphars) leur servant de passerelles. Un acte auquel un homme ordinaire n’a carrément la moindre possibilité d’effectuer. L’histoire remonte aux temps des rois et reines. Les mpanazary étaient des personnes très proches des souverains. Ils étaient aussi en quelques sortes des voyants dotés d’un pouvoir qui pouvait facilement écarter les mauvais sorts de leur roi et de leur reine respectifs. De temps en temps, des affrontements, dont les armes étaient au-delà du réel, avaient lieu entre ces "bras droits" suprêmement très mystérieux. Une défaite engendra l’effondrement du royaume auquel un mpanazary était issu et son fief devint celui du souverain triomphateur. Des anciens affirment qu’un mpanazary de "haut niveau" aurait été capable de faire jaillir la foudre et de la faire tomber là où il a pointé sa canne.
Il y a des siècles, Ambatondrazaka et ses périphéries étaient sous les règnes de trois reines. Seulement, Ramiangaly et Raseheno avaient leurs royaumes respectifs un peu écartés de celui de Razaka. Ce qui les diffère des autres est qu’aucune rivalité n’a jamais eu lieu entre elles pour faire naître des affrontements. De temps en temps les trois souveraines se rendaient visite. Raseheno a érigé son palais sur une grande montagne située au sud-Est du royaume de Razaka. La localité commença à porter le nom de "Ambohitseheno", abandonnée par son peuple quelques temps après la disparition de sa reine. Dans le sud-ouest de Razaka, Ramiangaly. Son territoire s’appela "Ambohimiangaly", actuellement faisant partie de la ville capitale du riz. Odifonga : À entendre le mot, l’on penserait peut-être à se méfier de quelque chose d’hallucinant voire maléfique puisqu’on entend là
"ody", et surtout ce nom ne figure dans aucun dictionnaire qui pourrait indiquer son vrai sens. Pourtant, il ne s’agit qu’un petit arbre qui ne pousse
qu’aux abords des eaux douces de la région d’Alaotra. Depuis des siècles et des siècles, le odifonga jouait un grand rôle dans la survie des générations successives
lors des montées des eaux en période des pluies. Étant donné que cette localité vit avec le plus grand lac de la Grande Île ainsi que tous les risques qu’il
réserve aux habitants.
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